Tal-Coat (1905-1985)


Biographie

Pierre Tal-Coat (né Jacob, en 1905, à Clohars-Carnoët) est fils de marin-pêcheur. En 1915, son père meurt sur le front d'Argonne. Apprenti forgeron, il obtient une bourse de pupille de la nation. Clerc de notaire en 1923, à Arzano, puis peintre céramiste à la faïencerie Henriot de Quimper en 1924, Tal-Coat dessine des paysages de la campagne bretonne.  

Arrivé à Paris en 1925, Tal-Coat, modèle à l’Académie de la Grande Chaumière, mouleur à la Manufacture de Sèvres, se lie avec le peintre Émile Compard, ami de Bonnard et de Félix Fénéon. Il rencontre Auguste Fabre et Henri Bénézit et expose dans leur galerie, en 1927, sous le nom de Tal-Coat (« front de bois » en breton), afin d’éviter l'homonymie avec son compatriote finistérien, Max Jacob. 

De retour à Paris en 1930, après un séjour en Bretagne à Doëlan, de 1927 à 1929, il se lie avec Francis Gruber, Gertrude Stein, Picabia, Hemingway, Giacometti, Artaud, Tzara...

 

En 1936, il peint la série des Massacres, en réaction à la guerre d’Espagne.

Démobilisé en juin 1940, il gagne Aix-en-Provence comme de nombreux artistes. Il y rencontre Xavière Angeli, d’origine corse, qui donne naissance à sa fille Pierrette en 1942. Ils s’installent au Château-Noir, lieu emblématique de la peinture de Cézanne. 

Rentré à Paris, en 1945, il retrouve ses amis, Gruber et Giacometti. Il participe au premier Salon de Mai. L'année suivante, il retourne à Aix, où il fait la connaissance d'André Masson, en 1947, du philosophe Henri Maldiney en 1948 – qui publiera, deux ans plus tard, dans la revue de Sartre, Les temps modernes, une première étude sur l’œuvre de Tal-Coat – et du poète André du Bouchet, rencontré chez Masson. 

Au début des années 50, il participe à des expositions de groupe aux Etats-Unis et le musée Guggenheim lui achète une toile. Il entre à la galerie Maeght en 1954. En 1956, seize de ses peintures sont présentées à la Biennale de Venise 

Il réalise, en 1963, une importante mosaïque pour le mur d'entrée de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence.

Grand Prix national des Arts en 1968, invité par Balthus à faire partie de la commission des arts plastiques de la Villa Medicis, avec Etienne Martin, César et Hayler, en 1971, Tal-Coat est l’un des rares artistes à avoir bénéficié, de son vivant, d’une rétrospective au Grand-Palais, en 1976, organisée par le Musée National d’Art Moderne. 

Comme tous les grands créateurs, son registre s’élargit avec l’âge. Il mène de front, à partir des années 70, peinture, écriture, gravure et dessin. Tal-Coat meurt en 1985, à Dormont, en Normandie, où il s’était installé en 1960.

 
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